Interview de Cécile Corbel, deux heures avant son concert au cinéma Le Dunois à Châteaudun le 16 décembre 2012.

Blytch : Bonjour Cécile, tout d’abord comment te sens-tu à deux heures du début du concert ?
Cécile Corbel : Deux heures avant un concert il n’y a pas encore le trac ou le stress, ça monte après. Deux heures avant on est encore dans la vie réelle, on n’est pas encore dans la montée de trac avant le spectacle, dans une heure on en reparlera.

Blytch : Après les balances…
Cécile : Oui voilà et puis quand les premiers spectateurs commencent à entrer, l’adrénaline change.

hBlytch : Il s’agit de ta dernière date annoncée pour l’année.
Cécile : Pour 2012 oui. On a fait un concert à Paris hier soir, comme souvent avant Noël. Et aujourd’hui ce concert là au cinéma à Châteaudun, c’est le dernier de l’année.

Blytch : De nombreux concerts sont déjà prévus pour 2013, dont un au Café de la Danse pour la sortie de ton nouvel album.
Cécile : Oui, vous savez déjà tout (rires).

Blytch : Donc c’est pour quand ce nouvel album ?
Cécile : Ca va coïncider avec ce concert, en fait on avait envie de faire un vrai évènement autour de la sortie du futur disque qui s’appelle  » Songbook vol. 4  » et on va fêter la sortie le jour-même, le 24 juin 2013. Dans six mois, à peu près.

Blytch : Quelles ont été tes inspirations pour cet album ?
Cécile : Il y a un imaginaire qui est je pense le mien, donc les gens qui ont aimé les albums précédents vont, j’espère, se retrouver dans celui-là. Il y a peut-être plus de place musicalement, justement, pour les instruments. Vraiment le fait de jouer les instruments, de les mettre en valeur. Il y a des morceaux qui ont des couleurs baroques ou même classiques. J’avais envie de retrouver un peu ce côté instrumentiste, peut-être moins présent dans d’autres chansons. Et puis il y a des escapades dans des univers celtiques mais pas seulement.

Blytch : Avant et après le 24 juin, il y a beaucoup d’autres concerts déjà prévus, notamment en Allemagne.
Cécile : En Allemagne, depuis quatre ou cinq ans c’est un pays dans lequel j’ai la chance de jouer souvent et il y a une tournée de prévue déjà fin octobre, il y aura une quinzaine de dates, peut-être même une vingtaine.

lBlytch : Et le public est très prononcé pour ta musique par rapport à ce que tu peux connaitre en Bretagne ou dans d’autres endroits où tu joues aussi beaucoup ?
Cécile : C’est d’année en année que ça s’est fait. On a eu la chance de commencer à aller là-bas et d’année en année ce sont des salles de plus en plus grandes et de plus en plus de gens qui suivent vraiment. Les allemands, c’est un public assez mélomane en général, je pense pour tous les styles de musique. Et puis on a des fans, modestement, chaque année ça s’agrandit un peu plus.

Blytch : Il y aussi plusieurs concerts prévus lors de croisières.
Cécile : Oh oui ça c’est un peu à part. C’est un peu les vacances pour nous, ce sont des moments un peu entre parenthèses. Ce sont des croisières celtiques, il va y en avoir deux l’année prochaine, des bateaux un peu de luxe donc on est sur notre petit nuage quand on fait ces croisières là. Il y a quelques concerts à bord et le reste du temps on se balade. Il va y avoir une croisière au mois de juillet, on va aller du côté de l’Irlande. Puis en septembre on va vers le Canada et un peu les Etats-Unis. Mais ça fait un peu cher le concert, ça veut dire qu’il faut faire la croisière pour venir m’écouter à bord, donc c’est un peu entre parenthèses.

Blytch : Justement ça se passe comment lorsque vous jouez durant des croisières ? J’imagine que c’est un peu différent des concerts  » habituels  » en salle… ?
Cécile : Sur le bateau, là je ne connais pas les bateaux pour l’année prochaine, mais il y a une vraie salle de spectacle, un vrai amphithéâtre, des très beaux même, un vrai fond, donc on fait un vrai concert, sauf qu’on est en plein milieu de l’océan donc il y a un charme qui est indéniable. C’est un peu à part.

Blytch : Pour en revenir au concert de ce soir à Châteaudun, ce n’est pas la première fois que tu viens d’ailleurs, tu étais déjà venue pour  » Arriety « .
Cécile : On était venu accompagner le film. On avait eu la chance de venir présenter le film dans le cinéma déjà avec quelques morceaux de harpe, mais j’étais en solo. Et là donc je reviens avec mes musiciens, on a bien aimé et le lieu et les gens qui tiennent cet endroit, donc on a eu envie de revenir faire un vrai concert. C’est déconnoté avec le film Arriety, même si on va jouer quelques chansons du film, pour faire un concert d’1H30, on est en quartet.

Blytch : Et pourquoi autant de concerts en région Centre justement ? Il y a eu pas mal de concerts à Chartres depuis quelques années déjà, à Nogent-Le-Rotrou, Tours…
Cécile : Au départ c’était un peu le hasard. Nogent-Le-Rotrou c’est relié à cet évènement dans ce cinéma, ça a donné l’idée tout simplement. En fait, avec la région Centre en général il y avait eu beaucoup, beaucoup de choses reliées à Arriety, puisqu’il y a une association qui s’appelle l’Association des Cinémas du Centre et qui a beaucoup mis en avant le film et qui a monté ce programme d’accompagnement. Et ils nous avaient gentiment proposé de venir dans pas mal de cinémas de la région, donc il y a eu, je crois, une vingtaine de cinémas. D’où la présence en région Centre.
Blytch : Et on en est fier.
Cécile : (rires) L’autre lien c’est que depuis quelques temps avec Simon Caby, avec lequel je travaille, on a installé notre studio d’enregistrement pas très loin d’ici. On était avant à Paris pour bosser et on a eu envie d’être un peu dans des plus grands espaces et plus à la campagne. Et il se trouve que c’est en Eure-et-Loir.

kBlytch : Il n’y a pas que le futur album et les concerts, il y a aussi des livres de partitions que tu sors, dont un très récemment, tu peux nous en parler ?
Cécile : C’est une sorte de collection de dix chansons qui ont été piochées sur mes trois derniers albums. Beaucoup de gens à la sortie des concerts ou qui m’envoyaient des petits mails, me réclamaient ces morceaux et j’ai mis vraiment très longtemps à les écrire, à prendre le temps de le faire. Donc ça y est c’est fait, il y a dix chansons. Il y en aura peut-être un l’année prochaine avec dix autres chansons. Ca permet à des gens qui jouent de la harpe ou qui chantent ou qui même jouent du piano, de s’approprier mes morceaux et de les jouer aussi.

Blytch : Tu tiens particulièrement à ce type d’ouvrage ? Car tu en avais déjà sorti avec des partitions de harpe…
Cécile : Oui, c’est pareil ce sont des demandes assez souvent et j’étais frustrée de devoir dire non que ça n’existait pas, donc maintenant ça existe.

Blytch : On a parlé d’Arriety tout à l’heure, j’imagine que depuis ce dernier tu as reçu d’autres propositions pour des bandes-originales ? Mais peut-être n’as-tu pas voulu être connotée que B.O. ?
Cécile : Arriety c’est important pour moi donc je suis ravie quand même quand on m’en reparle deux ans après, c’est un chouette projet, ça fait partie de moi. Ca nous a donné en plus envie de continuer à travailler avec l’image, avec le cinéma. Et oui on est en train de travailler sur une bande-originale, mais peut-être j’en reparlerais plus longuement dans quelques mois.
Blytch : Non maintenant, sinon il n’y aura pas de concert tout à l’heure.
Cécile : (rires) C’est un film français qui va sortir à Noël 2013 et c’est un film animalier, mais d’ici quelques semaines j’en parlerai plus sur le site et pour les fans. C’est encore un petit peu tôt, je reviendrai faire une autre interview.

Blytch : Revenons à ton futur album, on a parlé du contenu, de ses inspirations, mais où en est-il ?
Cécile : Il est très en chantier. Je suis assez impatiente d’avancer, justement on arrive à la fin de l’année donc on va pouvoir s’enfermer vraiment cent pour cent du temps en studio. Tout est écrit, il y a douze chansons et il faut enregistrer. Il y en a huit, à peu près, qui sont en cours d’enregistrement mais rien n’est fini, donc ça avance pas à pas. Mais on sera prêt pour le 24 juin.

Blytch : Pas d’enregistrement live prévu ?
Cécile : Ca fait aussi partie des choses qu’on me demande souvent et auxquelles je réponds  » Non il n’y a pas encore ça « . C’est un projet, comme pour tout ça prend du temps, il faut le faire bien. Donc ça viendra.

lBlytch : A propos des lives, c’est un choix vraiment délibéré de jouer dans des endroits tels qu’un cinéma, pour Arriety on pourrait dire que c’est presque  » normal « , mais en dehors ?
Cécile : Depuis que j’ai commencé à jouer sur scène, moi je suis de ce qu’on appelle  » les indépendants « , ça veut dire qu’on trace notre chemin tout seul avec les musiciens. La vie a fait que c’est en fonction des gens qu’on rencontre et des lieux qu’on croise, et moi j’aime bien jouer dans des lieux atypiques en général. Mes premiers concerts étaient en Bretagne dans des églises ou des chapelles, des lieux qui ne sont pas des salles de spectacle. Et depuis j’ai gardé ce goût là d’être un peu… j’aime bien aussi jouer dans des très belles salles de spectacle quand il y a de beaux fauteuils rouges etc… mais j’aime bien les rencontres et avec ce cinéma il y a eu une rencontre qui était belle et on est revenu pour faire ce concert. Ca se passe assez simplement.

Blytch : D’autres projets hormis les concerts, l’album… ?
Cécile : C’est déjà pas mal. Les concerts, l’album, cette fameuse bande-originale…
Blytch : Un clip ?
Cécile : Peut-être un clip pour accompagner le nouveau disque mais ça, ça occupe déjà pas mal.

Blytch : Cécile, je te remercie pour cet interview, tu as quelque chose à ajouter pour conclure ?
Cécile : Je souhaite à ceux qui liront cette interview plein de belles choses pour l’année qui arrive et j’espère les croiser bientôt.

Remerciements : Cécile Corbel, Simon Caby, Cyril Maurin, Julien Grattard, Pascal Boucaud et le cinéma Le Dunois de Châteaudun.