Barack Obama, premier président américain en exercice à poser le pied en Birmanie, a lancé lundi un appel vibrant pour l’instauration d’une démocratie accomplie, au terme d’une visite de quelques heures qui aura permis à la foule de Rangoun, en liesse, de célébrer sa « légende ».

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Le chef de l’Etat a traversé en coup de vent une ancienne capitale embellie par des légions de balayeurs et de peintres, et décorée de drapeaux américains qui représentaient encore récemment l’ennemi absolu.

Des dizaines de milliers de badauds l’ont accompagné sur son parcours, certains immortalisant l’instant en prenant des photos, d’autres portant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Bienvenue Obama » ou le très éloquent « Légende, héros de notre monde ».

« Les Etats-Unis sont avec vous », a déclamé le président lors d’un long discours prononcé à l’université, haut lieu de la lutte pour la démocratie.

« Ce voyage remarquable vient de commencer et sera encore long », a-t-il ajouté. « Les flammes fragiles du progrès (…) ne doivent pas s’éteindre, elles doivent devenir une étoile guidant le peuple de la nation ».

Washington récompense ainsi les efforts du régime de Naypyidaw depuis la dissolution de la junte il y a un an et demi, en particulier l’élection de l’opposante Aung San Suu Kyi au parlement, la libération de centaines de prisonniers politiques et les négociations avec les groupes rebelles des minorités ethniques.

Obama, attendu en fin de journée au Cambodge pour un sommet asiatique, s’est entretenu avec le président Thein Sein, crédité de ce profond mouvement de réformes. Et il a été reçu au domicile de Suu Kyi, deux mois après la première rencontre entre les deux prix Nobel de la paix (1991 et 2009), à Washington.