Ragnarok Online II: Legend of the Second est la suite au MMORPG Ragnarok Online et s’inscrit dans la continuité temporelle de celui-ci. C’est également une version grandement améliorée de la première tentative de la création d’un Ragnarok II. En effet, le premier jeu s’appelait alors Ragnarok Online II: the Gate of the World. Il fut mal reçu par le public coréen à cause des nombreux problèmes techniques dont il souffrait. La version européenne de Ragnarok Online II (RO2) est donc la version finale et améliorée. Le jeu est adressé à un public joueur, mais pas forcément fan de MMORPG. Ainsi, les habitués du premier opus seront déçus par cette séquelle qui ne propose, certes pas la même expérience de jeu que son prédécesseur (et ce n’est pas un mal), mais plutôt un semblant de World Of Warcraft à la sauce coréenne.

Quid du gameplay

La jouabilité est archaïque. Il se peut que l’équipe de développement ai fait un choix volontairement dur à prendre en main, mais il n’était pas nécessaire d’en faire un système de jeu injouable pour le commun des mortels.

On se sert des touches Z,Q,S et D pour se déplacer, ce qui est classique et fonctionne plutôt bien pour une caméra à la troisième personne, mais la subtilité est que les touches Q et D ne servent pas à straffer (faire des pas en crabes sur le côté) mais à tourner son personnage. Les joueurs de Resident Evil 1 seront conquis, pas les 90% des joueurs de MMORPG.

On peut également se déplacer en cliquant sur la map, ce qui est plutôt intéressant pour les longues distances : on a juste à cliquer et laisser le personnage se déplacer. Le hic étant qu’il n’évite pas les obstacles.

Un système de vue à la troisième personne

La caméra n’est pas relative au joueur : si l’on tourne le personnage, la caméra ne reste pas derrière pour montrer ce qu’il y a devant lui. C’est au joueur de la bouger lui-même. Il y a un moyen simple pour avoir une caméra de MMORPG classique, c’est de rester appuyer sur le clic droit de la souris. La caméra va donc suivre les mouvements de la souris et on retrouvera une jouabilité classique d’un jeu à la troisième personne (Q et D nous font alors straffer).

Ce choix de caméra est une grosse erreur dans le sens où il est impossible de la personnaliser. On restera donc constamment avec le clic droit enfoncé.

Le personnage

La personnalisation de son avatar est plus ouverte que dans le premier opus mais reste limitée, mais elle est néanmoins suffisante pour un jeu qui tend plus vers le gameplay que l’immersion.

Dès le début du jeu, on peut choisir sa classe et son job. Ce système reprend les bases du premier opus mais change radicalement pour le job.

Pour les classes, les choix sont limités à des archétypes connus (épéiste, voleur, mage, archer et acolyte) qui évoluent au niveau 25. Par exemple, l’épéiste a le choix entre la voix du chevalier (protecteur) ou guerrier (attaquant).

Un personnage possède forcément un job. Il en existe 4 : Chef Cuistot, Alchimiste, Forgeron Ragnarok II: Legend of the Secondet Artisan de couture. Le principe est simple, on récupère des matières premières dans la nature, on achète auprès de son chef de métier des recettes et on produits des objets. Ces objets ont tous une utilité et peuvent être échangés ou vendus à d’autres joueurs.

Il y a également un système de race, mais malheureusement, il est impossible à tester dans la version européenne puisqu’il n’a tout simplement pas été implanté.

Les statistiques du personnage doivent être distribuées par le joueur : on est donc libre de faire un guerrier faible physiquement mais doté d’une grande intelligence.

Ragnarok Online 2 s’oriente vers un système de skills. Les attaques automatiques sont donc délaissées. Ce choix est assumé jusqu’aux statistiques car en effet, aucun attribut n’augmente la vitesse d’attaque. Les skills sont limités, à savoir 10 par classes de base et 10 par évolutions en moyenne. Certaines classes ont plus de skills que d’autres, sachant que l’on doit obligatoirement faire face à un adversaire pour utiliser une capacité. Ce choix peut bloquer les néophytes et requiert un temps d’adaptation pénible qui aurait pu être évité. Les joueurs ne sont pas libres de leurs mouvements, et cela peut amener de la frustration. A voir si cet aspect permet de faire un PvP (joueurs contre joueurs) intéressant.

A noter également que l’arbre des skills ne permet pas de faire plus de 2 à 3 spécialisations. Chose extrêmement regrettable lorsqu’on est un joueur du premier opus.

Le leveling

La progression du jeu est tout simplement désastreuse. On est en face d’un couloir qu’il faut traverser en effectuant des quêtes ultra répétitives. Le leveling devient donc extrêmement ennuyeux. En somme, cela se résume par un PNJ (personnage non-joueur) à rencontrer, qui nous demande de tuer X monstres du même type et d’aller le revoir ou de parler à un autre PNJ. Toutes les quêtes sont basées sur ce modèle, et il vous faudra répéter ce schéma durant 50 niveaux.  Sachant qu’elles sont le revenu principal d’expérience pour avancer dans le jeu, vous êtes constamment en train de tuer des monstres pour une personne ou courir pour en rejoindre une autre. C’est comme si le jeu réunissait les deux mauvais points de Ragnarok Online et World of Warcraft !

Heureusement, la progression est parsemée d’instances. Même si fondamentalement, c’est la même chose que les quêtes, à savoir : tuer un boss et donc les monstres qui le protègent ou récolter des ressources, c’est uniquement un autre environnement qui donne l’impression d’un donjon.

Pour faire simple, l’exploration d’un monde ouvert, la rencontre avec d’autres joueurs et la visite d’environnements variés, tout cela passe après la visite d’un couloir sans intérêt.

Quid des graphismes

Que ce soit en matière de direction artistique, d’animations, de qualité technique, le jeu est très moyen, ou en tout cas pas à la hauteur d’un jeu 3D sorti en 2013.

Les personnages ne sont pas assez travaillés, la faute aux textures qui ne sont pas en HD. La direction artistique est pas mal mais n’est pas assez exceptionnelle pour rattraper l’aspect technique qui laisse amplement à désirer. De plus, les animations sont saccadées, surtout en combat. On peut voir des sauts d’images entre chaque skill lancé.

L’univers en soi est assez « Kawai », c’est mignon et comique, mais on ne retrouve pas assez ce deuxième aspect qu’avait Ragnarok On-Line premier du nom. Ce petit côté sérieux voire gore qui était riche en référence à la culture traditionnelle des pays dans lesquels il s’inspirait.

Verdict

Si vous n’avez pas joué au premier opus ni à World Of Warcraft, vous êtes susceptible d’apprécier ce jeu. Son gameplay reste finalement assez complet, on y retrouve un système de cartes à récupérer sur les monstres qui modifient les statistiques du personnage, des classes qui évoluent, des métiers de craft, un bestiaire complet etc.

Mais tout cela est vu et revu depuis plusieurs années, et la qualité du jeu finale est médiocre. Il faut attendre d’atteindre le niveau maximum et intégrer une guilde pour pouvoir en apprécier le plein potentiel.  Autrement, ce n’est qu’un MMO coréen sans âme.