sThe Exiled Realm of Arborea (TERA) est un mmorpg coréen sorti en France le 3 mai 2012 sur PC. Le jeu est passé en free to play le 5 février 2013, et a souflé sa première bougie il y a peu. Il a donc très vite changé de modèle économique. Est-ce une bonne chose ?

TERA présente une histoire assez simple et sympathique qui se suit sans effort. La narration prend la forme d’une quête globale, et de sous histoires ancrées dans une zone de leveling. Le scénario est plus présent que dans la plupart des mmorpgs. Mais le domaine ou la direction artistique de TERA prend tout son sens, c’est les graphismes. La plupart des mmo offrent une réalisation assez pauvre, de manière à être jouables sur un maximum de configurations, ce n’est pas le cas de celui-ci. Il fonctionne sur l’ Unreal Engine 3, plus exploité par des aventures solo comme Bioshock Infinite ou Dishonored. La réalisation technique est donc de toute beauté, et elle est épaulée par un travail artistique de grande qualité. Si les premières zones sont assez simples, on accède dès le niveau 25 à des zones vastes et originales, avec un cachet qui leur est propre. Les ennemis, comme les cartes, sont détaillés et originaux. Dans l’absolu, TERA est un beau jeu, mais pour un mmorpg, c’est un vrai régal qui laisse contemplatif. Quant aux races et aux équipements, ils sont clairement d’un design asiatique : l’appréciation dépendra donc surtout des goûts des joueurs. Cependant l’utilisation de l’ Unreal Engine est à double tranchant : il faut un PC axé gaming pour pouvoir jouer. Il n’est pas nécessaire d’avoir une machine de course, mais TERA est bien plus gourmand que la plupart des autres mmo.

Classique mais innovant

Le contrôle des personnages se fait comme dans un third-person-shooter (TPS). Par conséquent il faut réellement viser vos ennemis, ceci est particulièrement vrai pour les classes à distance. On retrouve la trinité tank-attaquant-healer, toutefois en se penchant un peu plus sur le sujet il y a des originalités. Les tanks sont au nombre de 2 : Le lancier, tank classique, très lourd, fait peu de dégâts, mais attire l’attention des ennemis et se protège avec un bouclier. Le guerrier est un tank plus original et difficile à utiliser : il est aussi efficace pour attirer l’attention des ennemis mais il est aussi bien plus léger, sa défense n’est donc pas basée sur son armure mais sur sa capacité à esquiver. Pour les spécialistes en dégâts, on a trois classes « physique » : une qui manie des épées a deux mains et une autres qui utilise des haches parfois plus grandes que les personnages qui les portent, et des archers. A côté de cela se trouve un sorcier, aussi fragile que puissant. Une autre particularité est que les healers sont au nombre de deux : Un prêtre très classique, et un mystique, légèrement moins bon soigneur, mais qui offre de nombreux bonus à son équipe. Tout le problème des healers est que la portée de leur sort est limitée, qu’ils doivent viser ceux qu’ils veulent healer, alors même que ces derniers se déplacent beaucoup pour esquiver les attaques les plus violentes. Il faut donc bien organiser les groupes, équilibrer le nombre d’attaquants au corps-à-corps et à distance, et qu’ils fassent attention à rester assez espacés. Ce vrai travail d’équipe demande une certaine communication, qui engage la conversation et permet d’assez vite se constituer un cercle d’amis dans le jeu, une fois les instances commencées.

Des donjons et des euros.

Le nombre de serveurs français est de deux seulement, ils sont cependant bien remplis. Les développeurs ont également intégré une fonction originale et intéressante : l’instance inter-serveur. C’est-à-dire que l’ordinateur va créer des groupe de donjon, en piochant sur divers serveurs européens. Cela permet de trouver un groupe de jeu très rapidement, alors même que presque personne n’est disponible sur votre serveur.

Le contenu du jeu est conséquent, les limitations concernent principalement le nombre de personnages disponibles, il est limitée à deux pour les comptes gratuits. Pour tout le reste, la boutique concerne principalement des améliorations esthétiques et les délais pour refaire une instance. Autrement dit il est parfaitement possible de faire monter 2 personnages et de jouer en de très bonne conditions.

TERA est un mmorpg de qualité. Il ne révolutionne pas le genre, mais il reprend les canons efficacement, et apporte son lot de nouvelles idées bien senties. Contrairement à ce que l’on pouvait craindre le passage rapide au free-to-play n’est pas signe d’un jeu médiocre. Si vous voulez une très bonne expérience de mmorpg pour pas un rond, Tera est fait pour vous.