sSongeur. C’est l’impression qu’il va vous rester une fois votre partie de Warframe achevée. Pourtant ce free-to-play TPS – third person shooter – a de bonnes idées en réserve mais, il n’arrive pas à convaincre, du moins, pas totalement.

La première bizarrerie de ce jeu est l’absence complète et intégrale de scénario : la première fois que l’on se connecte, une voix robotique à la Portal nous accueille dans une grande salle blanche pour nous apprendre les mouvements de bases du jeu.
A la sortie de ce tutoriel, on doit choisir son warframe, c’est seulement ici que l’on comprend qu’il s’agit de notre armure. On découvre également qu’il en existe plusieurs, et un peu à la façon d’un Crysis 3, chaque warframe a ses particularités et ses propres pouvoirs.

Une fois notre armure choisie, on se retrouve catapulté sur une map de notre système solaire pas mal fichue, qui fait office d’écran de sélection de mission.

3 modes de jeux, 3 gameplays

Chaque joueur à la possibilité d’effectuer les différentes missions de trois façons : seul, avec des amis ou avec des inconnus. Jusque-là rien de bien particulier.

Sachant que chaque armure a des particularités, on peut s’attendre à voir émerger un tank, un healer, un contrôleur et un DPS. Que nenni !

Commençons par le mode multijoueur, qui justifie l’aspect MMO de Warframe.

Appelé « mode online », il est un cas d’école de ce qu’il ne faut pas faire si on veut que les joueurs s’entraident : pas de check-point collectifs, pas de bonus d’entraide, aucune stratégie, place aux bourrinage de souris et advienne que pourra. Concrètement : vous vous perdez, vous n’avez plus de munitions, vous laguez, vous êtes aux prises avec un monstre coriace, tout le monde s’en fout. Il n’y a qu’à la fin de la mission que tous les joueurs doivent se retrouver dans une seule et même pièce, façon Left 4 Dead. Et encore, s’il en manque un, c’est pas grave, la mission est tout de même réussie…Il ressort de ce mode online un gameplay très brouillon, où tout le monde – sauf vous – connaît parfaitement la map et courrent dans tous les sens pour récupérer les bonus et tuer le plus de Grineer. (Oui les ennemis sont appelés Grineer, ce n’est que lors de votre première mission qu’on vous le dit…) Dans ces conditions, il ne vous reste plus qu’à suivre celui qui court le plus vite et espérer récolter quelques miettes d’xp.

Pour le mode solo, c’est l’inverse. Les premières missions se passent sans trop de difficultés – à condition de ne pas déclencher les alarmes. Mais l’ambiance change radicalement : on se retrouve dans un survival. Impossible de dire si c’est la difficulté du mode solo qui est mal réglée ou si c’est fait exprès, mais une chose est sûre, vos munitions, vous y tenez comme à la prunelle de vos yeux.

Alors que les parties online vous ont montré un aspect du jeu très permissif, ici, on se surprend parfois à jouer les Sam Fisher. Et ce n’est véritablement qu’en solo que l’on surveille véritablement l’état de son bouclier et de sa barre de vie.

Le bouclier absorbe la plupart des coups, ou des balles perdues, permettant ainsi de laisser votre barre de vie intacte. Le côté pervers de la chose étant que le premier boss que l’on rencontre vous casse votre bouclier en un coup, et vous tue par la suite en deux. Alors qu’en temps normal, une bonne dizaine de coups sont nécessaires pour briser votre protection….

Le « mode privé », lui, est incontestablement le meilleur. Rajoutez à cela un mumble ou un team speak et place à la stratégie, au choix intelligent des armures pour avoir une équipe équilibrée avec un tank, un contrôleur, un DPS etc.

Ce n’est qu’ici que le jeu devient convivial, et c’est généralement ici que l’on découvre l’existence du tchat…

Armes blanches et armes à feux

Notre arsenal de base se compose de 3 armes : un pistolet inutilisable sauf à bout portant, un fusil et une épée. La possibilité de pouvoir changer de type d’arme rapidement se révèle assez efficace : vous utilisez le fusil pour toucher un Grineer éloigné, il vous fonce dessus vous sortez votre épée, et vous l’achevez ! Ça ne vous rappelle pas un célèbre jeu Capcom avec des orbes rouges ?

Comme dans tout bon MMO, on peut améliorer ses armes. Warfra me n’échappe pas à la règle. On peut ramasser des « mods », sorte de carte à jouer, qui se placent dans des emplacements sur nos armes pour les upgrader. Ils sont lootés de manière aléatoire par les Grineers que vous rencontrez au cours de vos missions.

L’autre moyen d’améliorer votre arsenal est de forger vos armes via des composants spécifiques que l’on peut soit trouver, soit acheter. C’est purement et simplement du craft.

Et vu la précision de votre fusil de base, il va falloir s’attacher immédiatement à l’améliorer. Sans oublier que parfois les hitbox des ennemis sont…surprenantes. Sans raison apparente, il arrive que la cuisse d’un ennemi devienne invincible…ou que son crâne soit en adamantium…

Quid des graphismes

Côté visuel, le jeu est très correct. Mais il n’y a rien d’étonnant à cela lorsque l’on sait que le studio Digital Extremes a participé aux premiers opus de la saga Bioshock. Les cinématiques sont belles mais, très répétitives. A chaque début de mission, on a le droit à la même rengaine, on arrive dans notre vaisseau sur une planète, on casse une grille d’aération et on tombe sur le sol. La première fois, cette cinématique a le mérite de faciliter un peu l’immersion. Néanmoins, au bout d’une cinquantaine de fois, on commence vraiment à en avoir marre.

Verdict

Considéré comme un jeu type AAA dans les free-to-play, le gameplay de Warframe est un véritable melting-pot : Devil May Cry, Ragnarok…le système de jeu est donc une machine bien huilée. Mais de nombreux petits couacs ruinent l’expérience de jeu. A commencer par des choses toutes simples : l’xp est trop lent. Pour changer d’armure, il faut atteindre le niveau 2 au minimum. Mais ce n’est qu’au bout d’une bonne cinquantaine de parties que vous allez l’atteindre. Soit des heures et des heures de jeu ! Bien sûr, on peut accélérer le processus via le cash shop pour le plus grand bonheur des développeurs.

La difficulté en solo, quant à elle, est complètement disproportionnée par rapport aux autres modes ! Il est quasiment impossible de battre un boss sans mourir au moins une fois ! De plus le jeu souffre parfois de lags qui peuvent vous être fatal lorsque vous êtes entourés d’ennemis.

Si vous souhaitez vous lancer dans Warframe, il vous faut donc le faire avec des amis, et ne jouer qu’avec eux en mode privé. C’est là que le gameplay du jeu révèle véritablement tout son potentiel et qu’il est intéressant. Mais il ne faut pas oublier que le jeu est encore en open bêta, on est donc en droit de penser que les nombreux petits défauts du jeu vont être améliorés.