On touche ici à un des problèmes de World of Tanks : en étant la victime du choix aléatoire de bataille imposé par le serveur, il est impossible de savoir sur quelle map va se dérouler le prochain affrontement. Alors oui, lorsque l’on connaît parfaitement tous les champs de bataille, on peut s’en sortir même si on est dans une ville avec un canon automoteur – votre portée est considérablement réduite à cause des nombreux bâtiments. Mais les débutants eux, qui ont du mal à se déplacer avec leurs chars, se transforment en chair à canons. Et c’est le second problème du jeu : la connaissance du terrain.

Être familier avec le champ de bataille est un atout décisif ! On sait que tel ou tel endroit est très apprécié par les joueurs, ou au contraire que ce passage est très souvent désert, et donc utile si on veut contourner les forces ennemies. Or le système est fait de telle façon que lorsque l’on débute, on a accès à très peu de champs de bataille. Rapidement on se familiarise avec l’environnement, on découvre, on explore, et on finit par appliquer une stratégie presque machinalement. Vous l’aurez compris, à chaque fois que l’on se retrouve catapulté sur une nouvelle map, il faut tout recommencer et on est de nouveau la victime de la méconnaissance du terrain.

 

L’anti pay-to-win ?

Tous les véhicules sont classés par niveaux, il y en a 10. Comme dans Need For Speed, on commence avec une brouette et on finit avec un bolide. C’est grâce à des points de bataille que l’on peut débloquer de nouvelles améliorations pour les chars, mais également de nouveaux véhicules. Plus vous êtes efficace au combat, plus vous remportez de points, et plus vous pouvez débloquer rapidement un arsenal varié et efficace.

Jusqu’au niveau 3 l’ascension est rapide, tellement rapide que l’on ne comprend pas bien pourquoi on irait payer pour avoir de nouveaux chars plus rapidement. Mais à partir du niveau 4 les choses se corsent : la courbe de prix des améliorations devient exponentielle. Ainsi il vous faudra des heures de batailles pour améliorer votre moteur ou vos chenilles alors que 3 victoires suffisaient jusqu’à présent. Vous pouvez donc choisir d’être patient et de pexer à la régulière, ou passer par la case carte bleue et vous offrir un char de niveau 10 rutilant. Mais avant, il est important de savoir que le matchmaking dans World of Tanks ne se fait pas en fonction de votre nombre de victoires, ou même d’un algorithme. Ici seul compte le niveau de votre véhicule, et généralement le fonctionnement se fait par paires : niveau 1 et 2 ; 3 et 4 ; 5 et 6 etc. Parfois un niveau 3 peut se retrouver dans une bataille du rang inférieur, mais dans ce cas, il y en a un dans chaque camp. L’expérience de jeu est liée au niveau de votre véhicule : on est donc à l’inverse du système d’un MOBA comme League of Legends par exemple.

Voilà pourquoi il est ridicule de s’offrir un char de niveau 10 si on joue depuis une semaine. On va simplement se retrouver face à des no-life qui connaissent le jeu comme leur poche ou pire, à des pros qui font de l’e-sport ! Sans oublier que la bataille va se dérouler sur des maps complexes et inconnues. Bref, l’extermination est assurée.

En ce sens, le système d’upgrade payant de World of Tanks est très bien pensé, puisqu’il limite considérablement l’effet pay-to-win présent dans de nombreux free-to-play.

Verdict

Wargaming.net n’en est pas à son coup d’essai avec les MMO de guerre insolite. Après les avions et les bateaux, on prend désormais les commandes de tanks ! Et c’est réussi ! Malgré ses quelques défauts, le jeu surprend et ne déçoit pas. Attractif et addictif, on comprend rapidement pourquoi World of Tanks connaît un tel succès ! Y passer des journées entières ne sera surement pas un problème.