Crysis 3 est un jeu de tir a la première personne (FPS), il prend la suite du scénario développé dans Crysis 1 et 2. On y incarne Prophet, un soldat équipé d’une nano-combinaison, un croisement entre une armure et un exosquelette futuriste, faisant du joueur un soldat surhumain.

  • On prend les mêmes et on recommence !
  • La situation initiale est connue de toute personne un tant soit peu familiarisée avec l’univers de Crysis, (un trailer suffit à le découvrir). Dans Crysis premier du nom Prohet, le héros, a réveillé les Cephs, des aliens ressemblant au fruit de l’accouplement d’un poulpe avec Terminator, et qui ont décidé de faire de la terre leur nouvelle maison. Le joueur a réussi à les en empêcher en les combattant à New-York dans Crysis 2. À la fin de ce second opus, le personnage tombe dans un profond sommeil et est placé en stase pendant  près de 20 ans. Au bout de ces 20 années on décide de pratiquer sur Prophet une vivisection en règle, histoire de mieux comprendre sa combinaison. C’était sans compter sur son sauvetage par un de ses anciens collègues, Psycho, qui a entre temps perdu sa propre combinaison. Prophet est d’ailleurs la dernière personne connue avec une nano-combinaison en état de marche.j

Le CELL, organisme chargé de lutter contre les Cephs, a un peu pris la grosse tête depuis la victoire 20 ans auparavant et a viré à la dictature mondiale. C’est donc dans cet univers que se réveille un Prophet soumis à des visions… prophétiques du réveil d’un Ceph encore plus gros et encore plus méchant (sinon c’est moins marrant) : L’Alpha Ceph. Pour rendre les choses encore plus dramatiques l’action va bientôt être transportée dans un New York en ruines où la nature a repris ses droits. Le jeu peut enfin réellement commencer.

  • Une direction artistique inégale.
  • Crysis 3 est un jeu rageant, il juxtapose des réussites incontestables et des échecs cuisants, ce qui rend les défauts encore plus évidents et insupportables.
  • Concernant les graphismes en premier lieu : C’est beau ! Ce n’est pas une surprise, depuis Crysis 1 chaque opus fait office de référence en matière de beauté graphique Le jeu est cependant un peu moins fin sur console que sur PC, cette génération fatigue! De plus, le jeu est ici soutenu par une réalisation de qualité. Les rues et les bâtiments sont agencés de manière réaliste, on croit à cette ville et on oublie un moment qu’elle a été modélisée pour le jeu. Elle est belle, on se surprend parfois à imaginer comment était la vie dans ses rues avant qu’elle ne tombe en ruines. La destruction des bâtiments est réaliste : les arbres ont repris leurs droits et éclaté le bitume, l’eau a creusé de nouvelles tranchées dans le cœur de la ville et de nouvelles rivières sont nées. On s’arrête parfois sans raison, seulement pour apprécier la beauté des paysages superbement modélisés.m

Paradoxalement si les personnages sont bien modélisés, leurs visages ne sont pas très bien animés, ce qui fait tâche. Les scènes cinématiques font très cliché, notamment celles illustrant les dommages psychologiques laissés par les anciens combats chez nos protagonistes. Le comportement des personnages n’est pas très crédible, il semble parfois directement sorti d’un mauvais film de guerre américain où le soldat est un gentil martyr, prêt à se battre jusqu’à la mort, parce qu’il faut le faire et puis c’est tout. On peut aussi râler sur le fait que le développement du scénario se fait sur le même modèle depuis Far Cry, premier jeu du studio, a savoir : on tape sur de l’humain, puis du monstre, puis du super-humain, puis un boss monstre. Le scénario n’est franchement pas à la hauteur de la réalisation graphique. Le pauvre a le malheur d’avoir subi de plein fouet des doublages français franchement mauvais ! Les acteurs ne semblent absolument pas convaincus par les émotions qui sont sensées traverser les personnages (comme on les comprend), et leur volume sonore a été très mal ajusté, les rendant difficilement audibles. La musique est agréable, pas grandiose, mais elle colle bien aux moments qu’elle est censée souligner. Avec un gameplay solide, on aurait encore pu avoir un bon jeu, mais le gameplay est lui aussi criblé de défauts.

  • Un gameplay déséquilibré
  • En tant que soldat équipé d’une nano-combi, le personnage dispose de certains pouvoirs, parmi lesquels une super force, une super armure et une invisibilité temporaire. Chacune de ces fonctions est soumise à une seule et même barre d’énergie qui se recharge automatiquement. L’armure rend puissant, très puissant… trop puissant même. La super force est en soi assez anecdotique. Elle donne la possibilité de jeter des objets lourds sur les ennemis, objets assez rares et dont le jet est très imprécis. Elle permet aussi de sauter plus haut, ce qui peut s’avérer sympathique, mais absolument pas indispensable. L’armure ensuite est simplement bien trop efficace, non seulement elle met à l’abri des dégâts, mais elle ne consomme que très peu d’énergie. L’invisibilité, dont la durée est franchement longue rend le jeu assez facile et l’IA y réagit assez stupidement. Elle va estimer pour acquise la dernière position où vous avez été vu et ce tant qu’un soldat n’aura pas été vérifier l’endroit. Problème : ils mettent du temps à y aller et n’inspectent pas les alentours alors même que leurs dialogues montrent qu’ils connaissent le pouvoir d’invisibilité. Le tout aurait pu être équilibré par une utilisation stricte de l’énergie mais non. Elle s’utilise lentement et se recharge rapidement, bien plus rapidement que dans les épisodes précédents.
  • Il est impossible d’être passé à côté de l’arme emblématique de cet épisode : l’arc. Il est présent jusque sur la boîte du jeu. Les amateurs de la furtivité ont sûrement été excités par la nouvelle. On pourrait penser que l’arc améliorerait l’infiltration, déjà possible dans Crysis 2. En jeu ça donne quoi ? On dispose pour cette arme de neuf flèches basiques, plus trois flèches anti-blindage, trois électriques, et trois anti-personnelles. L’arc peut s’utiliser sans impacter l’invisibilité et permet en plus via une flèche dans le ventre de tuer un ennemi qui nécessiterait plusieurs balles dans la tête. Cerise sur le gâteau, les flèches sont faciles à trouver : celles de base peuvent être récupérées sur les cadavres et elles suffisent dans 95 % des cas, les ennemis blindés étant rares dans le jeu.
  • Rajoutons à cela un système d’amélioration d’armure augmentant beaucoup trop les capacités et le jeu n’est plus très intéressant.

Crysis 3 est très frustrant, tant il aurait pu être un bon jeu, notamment grâce à sa réalisation. Il est cependant plombé par un scénario creux et un gameplay bâclé. Le jeu semble plus avoir été développé pour vendre le moteur graphique développé par le studio Crytek et donner une fin nécessaire à la saga Crysis que pour parachever la série. Il n’est finalement qu’un jeu moyen, non sans qualités mais sans saveur particulière. Dommage.